BIYA SE PORTE
À l’origine de cette polémique, une publication diffusée sur le réseau social X par un compte dénommé « Human Rights Forum ». Celui-ci affirmait que le président camerounais était décédé et que des responsables politiques discutaient déjà des modalités de sa succession avant une éventuelle communication officielle.
La publication a rapidement fait tache d’huile, alimentant les spéculations sur l’avenir du pouvoir à Yaoundé. Dans la soirée, le même compte a renforcé ses affirmations en évoquant une épaisse fumée au palais de l’Unité et de prétendues tractations autour de la désignation d’un successeur, accompagnées du mot-clé #RIPPaulBiya.
Ces déclarations, qui n’étaient étayées par aucun élément vérifié dans les informations rapportées, ont ravivé les interrogations autour de la santé du président camerounais.
Samuel Mvondo Ayolo oppose un démenti catégorique
Contacté le vendredi 16 octobre par Jeune Afrique, le directeur du cabinet civil de la présidence a balayé du revers de la main les annonces relatives à la mort de Paul Biya.
« Vous pensez qu’on peut cacher le décès d’un chef de l’État ? »
a-t-il interrogé, contestant ainsi la crédibilité de ces publications. Il a ensuite assuré que le président était toujours en activité, affirmant.
« [Paul Biya] est bien portant et qu’il travaille […] ».
Pour dissiper les inquiétudes, Samuel Mvondo Ayolo a également déclaré qu’« il n’y a aucune inquiétude à se faire ». Il a notamment invoqué un décret signé par le chef de l’État et publié le 15 octobre pour étayer ses propos.
Qualifiant les annonces de « fake », le responsable présidentiel a déploré la persistance des fausses informations concernant la santé du dirigeant camerounais. Son intervention vise à battre en brèche des affirmations qui, en quelques heures, ont pris une ampleur considérable sur les plateformes numériques.
La santé présidentielle au centre des spéculations
Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte marqué par des interrogations récurrentes sur l’état de santé de Paul Biya. Le président avait quitté Yaoundé le 7 juin 2026 pour un séjour présenté comme privé en Europe. Initialement annoncé comme temporaire, ce déplacement s’est prolongé jusqu’à son retour au Cameroun, le 20 août.
Selon Jeune Afrique, le chef de l’État aurait été hospitalisé à Genève durant cette période. Le média rapporte également qu’il aurait reçu de nouvelles recommandations médicales l’invitant à retourner en Europe pour poursuivre sa prise en charge.
Ces éléments ont entretenu les interrogations autour de sa santé, sans pour autant confirmer les annonces de décès diffusées sur les réseaux sociaux.
Entre démenti officiel et circulation des fausses nouvelles
L’épisode rappelle la rapidité avec laquelle une information non vérifiée peut provoquer une onde de choc dans l’espace public, particulièrement lorsqu’elle concerne un chef d’État dont la santé fait l’objet d’une attention soutenue.
Si Samuel Mvondo Ayolo a fermement rejeté les rumeurs, cet épisode souligne aussi les difficultés à contenir les spéculations à l’ère des réseaux sociaux.
Reste que les affirmations publiées sur X ne constituent pas, à elles seules, une preuve du décès du président camerounais. Le démenti du directeur du cabinet civil apporte une réponse officielle à ces annonces, tandis que les questions relatives à la santé du chef de l’État continuent d'alimenter le débat public.