tvplusafrique

Education

RENTRÉE BLANCHE

RENTRÉE BLANCHE
Enseignants absents au Gabon, crise et inquiétude dans les lycées.








Une rentrée scolaire sous le signe de l'absence. À Libreville et dans ses environs, une question mérite d'être posée sans détour. L'enseignement secondaire public gabonais fonctionne-t-elle encore normalement lorsque les enseignants sont physiquement absents des salles de classe, alors que les élèves, eux, sont censés y recevoir des enseignements ?



Dans plusieurs établissements de la capitale gabonaise, des parents et des élèves déplorent des classes privées de professeurs, des cours dispensés de manière irrégulière et des programmes qui peinent à avancer. Le constat rapporté par certaines familles est préoccupant. Un enseignant vient faire cours une semaine, disparaît les deux suivantes, puis réapparaît comme si de rien n'était.



S'agit-il d'une grève silencieuse, d'un mouvement de mécontentement qui ne dit pas son nom, ou d'un problème plus profond de discipline et de contrôle dans le système éducatif public ?



A Owendo, des absences qui interrogent



Le cas d'un lycée public à Owendo, illustre les inquiétudes exprimées par certains usagers de l'école publique. Selon un témoignage, un enseignant n'aurait assuré qu'une seule séance de cours depuis le début de l'année scolaire, précisément le premier cours.



Si ces faits sont confirmés, ils appellent des explications urgentes. Comment un élève peut-il acquérir les connaissances nécessaires lorsque le professeur chargé de sa formation ne se présente pas régulièrement devant lui ?



Un enseignant de SVT serait également aperçu dans l'enceinte d'un établissement sans pour autant rejoindre sa classe de sixième, où son cours est pourtant programmé. Un professeur de physique, lui, serait régulièrement visible dans son quartier, tandis que les heures de cours prévues seraient rarement assurées.



Ces situations, lorsqu'elles sont avérées, ne relèvent plus d'un simple retard pédagogique. Elles posent la question du respect des obligations professionnelles et du contrôle exercé par les responsables des établissements.



Le nouveau ministre face à l'épreuve de l'autorité



Le changement à la tête du ministère de l'Éducation nationale peut-il expliquer, à lui seul, les dysfonctionnements dénoncés dans les établissements publics ?



Certains observateurs s'interrogent sur la capacité de l'ancienne équipe ministérielle à encadrer les enseignants et sur les mesures que le nouveau responsable du département entend prendre. Mais faut-il systématiquement accuser le changement de ministre lorsque les problèmes de présence, de suivi et de discipline semblent s'enraciner dans le fonctionnement quotidien des établissements ?



La question dépasse les personnes. Elle concerne l'autorité administrative, le rôle des chefs d'établissement, le contrôle des emplois du temps et l'application effective des textes régissant la profession enseignante.



Les « non classés », symptômes d'une école qui décroche



Les conséquences se lisent aussi sur les bulletins scolaires. À Libreville, la mention « non classé » en fin de trimestre, familière aux familles, peut traduire une insuffisance d'évaluations permettant d'établir une moyenne. Elle ne constitue pas automatiquement une preuve d'absence de l'enseignant, mais sa multiplication éventuelle devrait alerter les autorités.



Comment évaluer correctement un élève lorsque les cours ne sont pas assurés avec régularité et que les évaluations deviennent difficiles à organiser ?



Chaque bulletin insuffisamment renseigné, agit négativement sur un enfant dont les acquis risquent de se fragiliser. Il engendre un parent inquiet et une année scolaire susceptible d'être compromise. Les élèves ne doivent pas payer le prix des défaillances de l'organisation scolaire.



L'impunité, ou l'absence de contrôle ?



Il serait injuste de mettre tous les enseignants dans le même sac. Certains accomplissent leur mission avec sérieux, malgré les difficultés matérielles et professionnelles. Les revendications légitimes du personnel éducatif doivent également être entendues.



Cependant, aucun métier ne peut durablement fonctionner sans obligations, sans suivi et sans comptes à rendre. Si des enseignants s'absentent sans justification et sans conséquence, qui contrôle les présences, vérifie les cours effectivement dispensés et protège les intérêts des élèves ?



Les responsables des établissements, les inspections pédagogiques et le ministère doivent pouvoir apporter des réponses précises, fondées sur des vérifications plutôt que sur des accusations générales.



L'école publique mérite mieux que le silence



Il ne suffit pas de proclamer la priorité accordée à l'éducation. Il faut s'assurer que les salles de classe sont ouvertes, que les enseignants sont présents et que les programmes avancent.



Le ministère de l'Éducation nationale doit clarifier la situation. Les absences signalées relèvent-elles d'une grève, de difficultés administratives, d'un manque de contrôle ou de comportements individuels ?



À Libreville comme à Owendo, les élèves ont droit à leurs cours. Les parents ont droit à des explications. Et les enseignants consciencieux ont droit à un système dans lequel leur engagement ne se confond pas avec l'inaction de quelques-uns.



 











Par Pamphil

Top Articles