GABON : QUAND FILMER LA VIOLENCE DEVIENT PLUS IMPORTANT QUE L’ARRÊTER
Dans la rue, dans les lieux publics ou lors de disputes, les téléphones portables sont parfois sortis dès qu’une scène de violence éclate. Au lieu d’intervenir prudemment ou d’alerter les personnes compétentes, certains témoins choisissent de filmer la scène.
Ces vidéos sont ensuite publiées et partagées sur les réseaux sociaux, où elles peuvent rapidement attirer l’attention. Pour certains, il s’agit de montrer ce qui s’est passé ou de dénoncer un comportement. Pour d’autres, ces images deviennent un moyen de divertir, de provoquer des réactions ou de gagner en visibilité.
Mais une question se pose, à quel moment le fait de témoigner devient-il une manière de banaliser la violence ?
Quand la violence devient un spectacle
La diffusion répétée de scènes d’agression, de bagarres ou d’humiliations peut finir par rendre ces comportements ordinaires aux yeux du public. Les victimes risquent alors de subir une seconde épreuve, après les violences, elles doivent parfois faire face à l’exposition de leur image et aux commentaires des internautes.
Une vidéo peut aussi circuler sans son contexte, alimenter des accusations ou déclencher de nouvelles tensions entre les personnes concernées.
Filmer n’est toutefois pas systématiquement condamnable. Une vidéo peut servir à documenter des faits et à faciliter un signalement. Tout dépend notamment des circonstances, de l’utilisation des images et de la manière dont elles sont diffusées.
Quelle responsabilité pour les témoins et les internautes ?
Face à une scène violente, chacun peut se demander quelle attitude adopter. Intervenir directement peut être dangereux, mais il est parfois possible de prévenir les secours, d’alerter les autorités ou de chercher l’aide d’une personne compétente.
Sur les réseaux sociaux, la responsabilité continue après la scène. Partager une vidéo sans réfléchir aux conséquences peut exposer une victime, porter atteinte à sa dignité ou amplifier un conflit.
La question concerne donc aussi les plateformes, les familles et l’ensemble de la société, comment encourager des comportements plus responsables face aux violences ?
Le débat est ouvert
Au Gabon, comme ailleurs, les téléphones permettent de documenter des faits qui seraient autrement difficiles à établir. Mais leur utilisation soulève une question essentielle lorsque des personnes sont en danger.
Face à une scène de violence, faut-il d’abord sortir son téléphone ou chercher à aider sans se mettre en danger ?