PRIX DU CARBURANT

Cette concertation intervient après une période de perturbations dans le ravitaillement en carburant, dans un contexte international marqué par des tensions sur les marchés pétroliers. L’objectif était notamment de permettre aux participants de mieux comprendre les mécanismes de calcul des prix et les efforts financiers consentis par l’État pour maintenir les tarifs appliqués aux consommateurs.
«Aujourd'hui, c'était de montrer justement aux gabonnais comment on calcule les prix de produits pétroliers en République gabonaise. Donc, il était question d'inviter la société civile qui n'a jamais pris part à ces réunions de calcul des prix pour comprendre les mécanismes de calcul des prix et comprendre le coût et l'effort que l'État fournit en terme de subvention pour pouvoir permettre au Gabonais d'avoir un prix fixe à la pompe».
Les autorités indiquent également avoir reçu des orientations visant à formuler des propositions concrètes. Celles-ci doivent être transmises à la hiérarchie, qui décidera des suites à donner.
Le poids croissant des subventions
Au cours des discussions, la question de la soutenabilité des subventions a occupé une place importante. Selon les représentants de l’État, la hausse des coûts sur le marché international entraîne une augmentation de la charge supportée par les finances publiques pour maintenir les prix à la pompe.
«Nous avons tout suivi du début jusqu'au prix à la pompe avec deux grands aspects. C'est que un compte tenu de la conjoncture internationale les coûts ont augmenté et que de évidemment la subvention aussi augmenté et que trois selon les représentants de l'État qui sont là, ça devient insoutenable».
Pour les participants, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre la protection des consommateurs et la maîtrise des dépenses publiques.
Préserver le pouvoir d’achat et financer les services sociaux
Les membres de la société civile ont également souligné l’importance de mieux informer les populations sur la formation des prix. Ils estiment que les tarifs ne résultent pas simplement d’une décision administrative, mais dépendent notamment des coûts internationaux et des subventions accordées par l’État.
«Vous savez quand nous sommes dans nos quartiers à Kembo, Sotega, Ancienne Sobraga, nous pensons que les prix sont fixés. C'est-à-dire un petit groupe se réunit et dit bon le gaz va coûter tel prix, ceci va coûter ceci. Or quand nous avons regardé, en réalité les carbons qui sont vendus au Gabon doivent être vendus au prix de l'international. Le constat est que parfois selon ce que j'ai vu, le prix au consommateur final est moins élevé que le prix à l'international. D'où la mise en place de la subvention et aujourd'hui subvention du mois de novembre peut tourner autour de 35 milliards. Est-ce que c'est soutenable pour l'état gabonais ? Non, nous avons des routes à réaliser. Nous avons des hôpitaux à construire, nous avons des écoles à faire. Nous pensons que si on réduit un temps soit peu cette subvention, on peut concentrer ce montant là dans d'autres secteurs sociaux».
Les propositions issues de cette concertation seront soumises aux autorités compétentes. L’enjeu sera de concilier la continuité de l’approvisionnement en produits pétroliers, la maîtrise des dépenses publiques et la préservation du pouvoir d’achat des ménages, sans préjuger des décisions qui seront prises concernant les tarifs à la pompe.