CEMAC, RETRAIT DES PIÈCES
Une page de l’histoire monétaire de l’Afrique centrale s’apprête à se tourner. À compter du 1er novembre 2026, les pièces de monnaie de l’ancienne gamme, émises entre 1958 et 1985, perdront leur cours légal dans les six États de la CEMAC. La décision a été prise le 7 octobre 2026 par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC). Il s’agit d’une première depuis l’introduction des premières pièces de monnaie dans la sous-région en 1958.
Toutefois, cette mesure ne signifie pas que les détenteurs perdront immédiatement la valeur de leurs pièces. La BEAC a prévu une période transitoire de douze mois pour permettre au public de procéder à leur échange, sans frais.
Une opération pour moderniser la circulation monétaire
Cette décision répond à plusieurs impératifs, notamment l’amélioration de la disponibilité des pièces, l’harmonisation de la circulation fiduciaire et le renforcement de la sécurité des moyens de paiement.
Depuis le lancement de la gamme 2024, le 2 avril 2025, quelque 265 millions de nouvelles pièces ont été injectées dans l’économie. Cette opération a permis de faire progresser le nombre moyen de pièces disponibles par habitant, de 16 à 23 au 31 mai 2026. La BEAC ambitionne désormais d’atteindre 30 pièces par habitant à l’horizon 2030.
Le retrait des anciennes émissions vise également à limiter les risques de contrefaçon, notamment concernant les pièces de 500 FCFA, et à simplifier la coexistence de différentes générations de pièces aux caractéristiques physiques et métalliques distinctes.
Douze mois pour échanger gratuitement les anciennes pièces
Le calendrier de démonétisation prévoit deux phases. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, les détenteurs pourront échanger leurs anciennes pièces aux guichets de la BEAC, dans les banques commerciales et les établissements de microfinance (EMF).
Du 1er août au 31 octobre 2027, seuls les guichets de la BEAC resteront habilités à effectuer ces opérations. À partir du 1er novembre 2027, les échanges prendront définitivement fin.
La gratuité constitue l'un des principes essentiels du dispositif. Les banques et les établissements de microfinance devront également accueillir les personnes qui ne possèdent pas de compte chez eux. Une pièce d'identité sera néanmoins nécessaire pour assurer la traçabilité des transactions.
Attention aux pièces toujours valables
La BEAC invite les populations à ne pas confondre les anciennes émissions avec les gammes plus récentes. Seules les pièces de l’ancienne gamme, mises en circulation entre 1958 et 1985, sont concernées. Celles des gammes 2006 et 2024 conservent leur cours légal et leur pouvoir libératoire.
L'institution recommande par ailleurs de consulter ses visuels officiels pour identifier les pièces concernées, la date de fabrication gravée sur une pièce ne constituant pas, à elle seule, un critère suffisant.
La BEAC mise sur la sensibilisation
À travers cette opération, la banque centrale entend accompagner les populations et prévenir les confusions susceptibles d'alimenter les rumeurs. Des supports d'information seront progressivement mis à la disposition des médias dans les six pays membres.
L'enjeu est désormais de garantir une transition ordonnée, tout en permettant à chaque détenteur de récupérer la valeur de ses anciennes pièces dans les délais impartis.