BLOC DES 5 ALERTE
Une décision judiciaire qui soulève des interrogations
À l’origine de cette affaire, une contestation portée par le PRD contre une délibération du Conseil des ministres concernant la révision de la législation encadrant les formations politiques. Saisie du dossier, la Haute Juridiction a estimé ne pas disposer des compétences nécessaires pour examiner cet acte gouvernemental.
Pour justifier sa position, elle s’est appuyée sur les articles 114 et 115 de la Constitution, considérant que les délibérations du Conseil des ministres ne relèvent pas des actes pouvant faire l’objet d’un contrôle de constitutionnalité.
Cette interprétation est vivement contestée par le Bloc des 5. Ses responsables s'interrogent notamment sur le fait que la Cour ait entendu le requérant et les deux membres du gouvernement concernés avant de rendre sa décision.
Le précédent de 2021 au cœur des critiques
Le regroupement politique rappelle également une décision rendue en décembre 2021. À cette époque, la Cour constitutionnelle avait examiné une délibération gouvernementale portant sur les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 avant de prononcer son annulation.
Pour Ariel Eloi Iwangou, initiateur du recours, cette différence de traitement soulève des questions sur les garanties offertes au multipartisme. Il estime que les risques qui pèsent sur le système démocratique gabonais nécessitent une attention particulière et plaide pour une médiation anticipée de la CEEAC.
Des appels à la vigilance et au dialogue
Au-delà du contentieux judiciaire, les cinq formations politiques redoutent que les changements envisagés dans la loi sur les partis politiques fragilisent les libertés publiques et réduisent l'espace accordé à l'opposition. Elles considèrent que les acquis démocratiques issus de la Conférence nationale de 1990 doivent être préservés.
Le Bloc des 5 souhaite également voir intervenir Faustin-Archange Touadéra, président centrafricain et ancien facilitateur de la Transition gabonaise, afin de favoriser l'apaisement et prévenir une éventuelle crise sociopolitique.
Par ailleurs, il interpelle la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC), à laquelle il reproche son absence de réaction face aux interrogations soulevées par cette réforme.
Le pluralisme au centre des préoccupations
Réunissant l'UDERE, le MPO, l'UPR, l'UFN et le PRD, le Bloc des 5 entend poursuivre son plaidoyer auprès des institutions nationales et internationales. Sa démarche vise à obtenir des garanties pour la préservation du multipartisme. Pour ses membres, la stabilité politique doit nécessairement reposer sur le respect du droit, de la justice et des principes démocratiques.