LE SÉNÉGAL EXIGE LE DÉPART DES FORCES MILITAIRES FRANÇAISES
Le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a déclaré jeudi 28 novembre 2024, que la présence de bases militaires françaises au Sénégal est incompatible avec la souveraineté du pays. Il a appelé à la fermeture des bases, soulignant qu'il ne s'agit pas d'une rupture, mais d'un changement nécessaire dans le partenariat avec la France.
Élu en mars 2024, sur une promesse de rétablir la souveraineté nationale, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa volonté de diversifier les partenaires du Sénégal tout en maintenant des relations fortes avec l'ancienne puissance coloniale. Il a salué la reconnaissance par Emmanuel Macron, dans une lettre, du massacre des Tirailleurs sénégalais à Thiaroye en 1944, qualifiant cette démarche d'étape importante au cours de l’entretien qu’il a accordé à l'AFP et sur France 2.
Bassirou Diomaye Faye a souligné que la France reste un partenaire important pour le Sénégal, citant les investissements et la présence de sociétés françaises. Cependant, il a insisté sur la nécessité d'un partenariat rénové, dépourvu de la présence militaire actuelle, mais "riche, fécond et privilégié" comme celui entretenu avec d'autres pays, tels que la Chine, la Turquie, les États-Unis ou l'Arabie saoudite. Ces pays, a-t-il rappelé, n'ont pas de bases militaires au Sénégal.
Le Président sénégalais a comparé la situation à celle de la Chine, premier partenaire commercial du Sénégal, sans présence militaire. Il a conclu que la
"présence militaire ou son absence ne doit pas être synonyme de rupture"
avec la France, soulignant l'importance de la coopération militaire avec d'autres pays.
L'annonce intervient alors que la France envisage de réduire sa présence militaire en Afrique de l'Ouest, selon des sources proches de l'exécutif français. Cette reconfiguration, comme l'a annoncé l'Élysée, se traduit par une diminution des effectifs militaires au Sénégal, comme dans d'autres pays africains. L'accent est mis sur un partenariat "renouvelé" et "coconstruit" avec l'Afrique. Cette demande du Sénégal marque un tournant significatif dans les relations franco-africaines, au moment où certains pays du Sahel notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger s’éloignent de la France pour s'approcher de la Russie.