TAUX D’ENDETTEMENT AUTOUR DE 54 %
Le ministre gabonais des Comptes Publics et de la Dette, Charles Mba, a présenté la situation actuelle de l’endettement du Gabon, tout en défendant une approche volontariste de réduction du stock de la dette. Il s’est également opposé fermement aux projections du FMI, estimant que le taux réel d’endettement du pays est bien inférieur aux chiffres avancés par l’institution internationale.
Une dette héritée, mais assumée
À la question des défis économiques liés à l’endettement, Charles Mba a tenu à rappeler le contexte dans lequel le gouvernement de transition est intervenu. Lors de sa prise de fonction, en septembre 2023, le Gabon faisait face à une dette publique dépassant les 7 200 milliards de FCFA.
“Il faut dire les choses simplement”, a-t-il déclaré
“cette dette, nous ne l'avons pas contractée, mais c'est la dette du Gabon. Et nous avons décidé de la prendre à bras-le-corps”
a-t-il ajouté sur TV5 Monde.
Le ministre assure que le gouvernement s’est donné pour priorité de “desserrer l’étau” de cette dette, conformément à la volonté du Président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, de
“garantir la continuité de l’État”
Une baisse du stock de la dette confirmée
Concrètement, Charles Mba affirme que le stock de la dette gabonaise a connu une baisse significative en un an. “Lorsque je suis arrivé, elle était de 7 288 milliards. Au 31 décembre 2024, nous étions à 7 208 milliards. Cela représente une réduction de 260 milliards”, a-t-il précisé. Une performance qu’il juge encourageante, d’autant plus qu’elle s’est opérée dans un contexte où l’État continue de contracter de nouveaux emprunts, tout en honorant ses échéances.
“Cela montre que la dette est bien gérée”
a-t-il insisté.
Désaccord persistant avec le FMI sur le taux d’endettement
L’entretien a aussi été l’occasion pour le ministre d’exprimer un désaccord clair avec le Fonds Monétaire International (FMI), qui projette un taux d’endettement du Gabon supérieur à 70 % du PIB.
“Non, je ne confirme pas du tout”
a-t-il répondu sans détour. Selon Charles Mba, les chiffres officiels produits par les autorités gabonaises indiquent un taux beaucoup plus bas : 56 % à l’arrivée de l’équipe actuelle, et autour de 54 % en avril 2025, poursuivant ainsi une trajectoire baissière.
Cette divergence avec les institutions de Bretton Woods n’est pas nouvelle. Elle repose notamment sur des différences méthodologiques dans le calcul du PIB ou dans l’inclusion de certaines catégories de dette.