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IMPORTÉE ET TRÈS COÛTEUSE

IMPORTÉE ET TRÈS COÛTEUSE
Au cœur du marché B2, l’un des carrefours commerciaux les plus dynamiques de la capitale gabonaise, l’ambiance n’a plus rien de festif.

Au cœur du marché B2, l’un des carrefours commerciaux les plus dynamiques de la capitale gabonaise, l’ambiance n’a plus rien de festif. Autrefois animé par les cris enthousiastes des vendeuses et les étals débordant de fruits, le marché affiche aujourd’hui un visage morose. Les bananes, jadis empilées en abondance, deviennent rares et chères. En cause : une inflation galopante, des taxes douanières exorbitantes, et des difficultés d’approvisionnement, aussi bien au Cameroun qu’au sud du Gabon.



Les commerçants du marché peinent à suivre. Les grossistes et détaillants ne parviennent plus à joindre les deux bouts, étouffés par des coûts toujours plus élevés. Une vendeuse explique :
« À l’heure actuelle, la banane est extrêmement chère au Cameroun. On n’en trouve même pas. Et quand on en trouve, le prix est déjà très élevé. À cela s’ajoutent les frais de transport, les taxes… Tout est cher »



Cette situation entraîne une flambée des prix à la revente. Une autre commerçante explique :
« Avant, on faisait le tas de bananes à 1 000 francs. Aujourd’hui, il faut 2 000 francs. Et malgré cela, on ne gagne presque plus rien. On achète cher, on vend avec difficulté pour ne pas perdre la clientèle, et au final, notre marge est quasi inexistante »


Face à cette crise persistante, les appels à l’aide se multiplient. Les vendeuses réclament une intervention de l’État : réduction des taxes douanières sur les denrées périssables, appui logistique, et surtout relance de la production locale de bananes.



Car la banane gabonaise, disent-elles, est de bonne qualité et très recherchée. Une commerçante insiste :



« La banane produite ici est meilleure. Elle arrive en bon état, elle est naturelle. Si l’État pouvait investir davantage dans l’agriculture, former des agriculteurs, attribuer des terres, nous serions prêtes à nous lancer. »


En attendant une réponse des autorités, au marché B2, l’inquiétude reste palpable. Les bananes se font rares, les clients aussi. Pourtant, les vendeuses, fidèles à leur poste, continuent de résister avec dignité, affrontant jour après jour une crise dont l’issue semble encore lointaine.


 

Par Pamphile EBO

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