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LES SÉNATEURS

LES SÉNATEURS
L’annonce de la perte de l’île Mbanié au profit de la Guinée équatoriale, à la suite de la décision rendue par la Cour internationale de justice (CIJ) le 19 mai 2025, a provoqué un véritable séisme politique à Libreville.

L’annonce de la perte de l’île Mbanié au profit de la Guinée équatoriale, à la suite de la décision rendue par la Cour internationale de justice (CIJ) le 19 mai 2025, a provoqué un véritable séisme politique à Libreville. Au sein de la classe dirigeante, la stupeur a rapidement laissé place à l’action. Soucieux de répondre aux nombreuses interrogations soulevées par ce verdict à la fois technique et déroutant, les sénateurs de la transition ont décidé de convoquer deux membres du gouvernement : Régis Onanga Ndiaye, ministre des Affaires étrangères, et Hermann Immongault, ministre de l’Intérieur.


La session plénière du 20 mai 2020 s’est ouverte sur fond de tension, précédée de deux réunions statutaires du Bureau du Sénat. Au cœur des échanges : les suites à donner à un arrêt qui entérine la perte d’un territoire que de nombreux Gabonais considéraient comme national. L’île Mbanié, disputée depuis des années entre le Gabon et la Guinée équatoriale, est désormais officiellement attribuée à cette dernière, selon la CIJ. Une décision que beaucoup peinent à comprendre, et qui alimente débats passionnés, théories approximatives et inquiétudes géopolitiques.


« Il a été décidé effectivement d’interpeller le ministre des Affaires étrangères pour qu’il vienne présenter à la Haute chambre le point de vue du gouvernement »


a déclaré Jean-Robert Goulongana, 1er secrétaire du Bureau du Sénat de la Transition.


« Il a également été décidé d’entendre le ministre de l’Intérieur sur la situation globale des frontières entre le Gabon et ses pays voisins »


Derrière cette double convocation, une volonté apparaît. Le besoin de comprendre. Les parlementaires souhaitent des explications concrètes sur les implications de la décision de la CIJ, les éventuelles options diplomatiques encore envisageables, et les risques qu’impliqueraient d’éventuels compromis. 


À l’extérieur du palais du Sénat, la décision de La Haye fait l’effet d’un électrochoc. Dans l’opinion publique, le choc est d’autant plus vif que le sujet des frontières n’a jamais cessé d’alimenter les préoccupations nationales. Le flou entourant certaines limites territoriales du pays, notamment maritimes, ravive une angoisse latente : jusqu’où le Gabon est-il souverain sur son propre territoire ?


 




Par Pamphile EBO

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