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RÉSERVE FONCIÈRE

RÉSERVE FONCIÈRE
Adrien Nguema Mba, délégué spécial de la commune de Libreville, est revenu sur la délicate question des indemnisations liées aux occupations de terrains urbains dans la capitale gabonaise.

Invité sur le plateau de la chaîne publique, Gabon 1ère, Adrien Nguema Mba, délégué spécial de la commune de Libreville, est revenu sur la délicate question des indemnisations liées aux occupations de terrains urbains dans la capitale gabonaise. Une situation qui suscite interrogations et critiques au sein de la population.


Interrogé sur les multiples indemnisations accordées à certains habitants, le délégué spécial a reconnu que l'État a bel et bien indemnisé plusieurs fois les occupants des parcelles :
Ces parcelles et les nouveaux arrivants ont demandé à leur tour des indemnisations. Je peux vous assurer, ça a été fait aussi au moment où Jacques Adiahenot était ministre de l'Habitat. On parle déjà de deux indemnisations. Il y a eu même trois sous le ministre, tous les ministres de l'Habitat, ils ont été indemnisés”


a-t-il déclaré.


Face à cette répétition d’indemnisations, la question se pose de la limite de l’action publique. Le journaliste lui a rappelé que


“l'État, c'est également la continuité du service public”


et que ces pratiques peuvent remettre en question l’autorité de l’État sur les projets d’aménagement.


Adrien Nguema Mba a alors évoqué l'approche politique de l'ancien président Omar Bongo, qui préférait souvent éviter les conflits :
“Est-ce qu'il faut indemniser jusqu'à l'habitat méditerranéen ? Non, non, mais c'était une concession politique qu'avait fait Omar Bongo qui voulait à chaque fois éviter qu'il y ait des dérapages. C'est pour cela qu'il recommandait par le Fonds national d'habitat d'indemniser ces personnes malgré qu'il savait très bien que beaucoup sont partis de là et ils ont revendu leurs parcelles”


a-t-il expliqué. Selon lui, ces pratiques ont alimenté un sentiment de permissivité et d'impunité chez certains citoyens.


Plus loin, le délégué spécial a dénoncé ce qu’il appelle “la Gabonite sclérose”, une tendance à rejeter systématiquement la faute sur autrui :
“Vous savez, les Gabonais, à l'époque où je faisais certaines recherches, je me suis aperçu que beaucoup de Gabonais souffrent d'une maladie que j'avais qualifiée de Gabonite sclérose. C'est-à-dire ? Les symptômes ne trompent pas, c'est-à-dire c'est le transfert de responsabilité. Ce qui m'arrive, ce n'est pas de ma faute, c'est la faute des autres”


a-t-il martelé.


Mais alors, l’État n’a-t-il pas aussi sa part de responsabilité dans l’anarchie foncière observée dans certaines zones ? À cette question, Adrien Nguema Mba répond que l’État agit selon une planification, bien que lente :
“En faisant quoi ? L'État est resté là durant des années. Non, mais l'État a une planification. Vous savez, l'État ne peut pas tout faire en même temps dans nos pays du tiers monde. Il y a une planification qui est mise en œuvre”


a-t-il insisté.


Au cœur du débat, une question essentielle : comment conjuguer droit à l’habitat, respect de l’autorité publique et développement urbain structuré ? Pour le délégué spécial, il est temps de changer de vision et de ne plus céder à l’illusion que “l’État oublie tout”.




Par Pamphile EBO

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