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LA MANNE PUBLIQUE

LA MANNE PUBLIQUE
Avec l’adoption de la loi n°16 de 2025, l’État a posé un cadre strict pour l’octroi de subventions aux partis politiques.

Celui qui veut aller loin ménage sa monture. Et dans le jeu électoral gabonais, la monture, c’est aussi le financement public, une manne que tous convoitent, mais que seuls les plus structurés peuvent espérer décrocher.


Désormais, cette monnaie sonnante et trébuchante ne s’accorde plus à la légère. Avec l’adoption de la loi n°16 de 2025, l’État a posé un cadre strict pour l’octroi de subventions aux partis politiques. Plus question de distribuer les radis à l’aveuglette : seules les formations remplissant des conditions précises pourront bénéficier de ce carburant financier indispensable pour faire campagne, structurer leur présence sur le territoire et peser dans les urnes.


Critères de recevabilité : pour accéder à ces fonds publics, un parti doit avoir au moins un député à l’Assemblée nationale, disposer d’un siège, de comptes bancaires ouverts et, surtout, pouvoir compter sur au moins dix élus locaux. Autrement dit, seule une présence effective sur le terrain et dans les institutions peut ouvrir les portes de l’aide publique.


« Aujourd’hui, le financement se fera par quota. Il est évident qu’un parti avec 20 députés et autant d’élus locaux ne recevra pas la même subvention qu’une petite formation naissante »


explique un analyste politique. L’appui de l’État est donc non seulement conditionné, mais aussi proportionné à la représentativité réelle du parti dans les instances élues. 


« La loi 16 de 2025 est un tournant salutaire dans la gouvernance démocratique gabonaise. En conditionnant le financement public à des critères clairs, elle responsabilise les partis et valorise la représentativité. Ce système évite le gaspillage de fonds publics et stimule l’émergence de formations sérieuses. Toutefois, l'État devra veiller à une transparence absolue dans l’allocation des ressources, afin que cette aide devienne un levier de consolidation démocratique, et non un instrument de clientélisme »


commente un enseignant de l’Université Omar Bongo (UOB). 


Dans ce contexte, les partis les mieux ancrés voient leur voile gonflée par un vent en poupe, tandis que les nouvelles formations devront redoubler d'efforts pour exister, et se financer. Car dans cette course où chaque voix compte, le nerf de la guerre reste bel et bien l’argent.


Avec une centaine de partis, la bataille pour l’accès à ces ressources publiques promet d’être féroce. C'est pourquoi la maîtrise des règles de financement s’impose désormais comme une arme aussi stratégique que les discours et les meetings.

Par Pamphile EBO

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