L'AFFAIRE AVEC L’ÉRYTHRÉE
C’est un coup d’éclat qui pourrait tout changer. Le retrait surprise de l’Érythrée des éliminatoires africaines pour la Coupe du Monde 2026 a déclenché une onde de choc à travers le continent. À première vue anecdotique, l’Érythrée, dernier de la classe dans le Groupe E avec trois défaites en autant de matchs, ce forfait pourrait entraîner un bouleversement total dans la course à la qualification.
Face à cette situation inédite, la Confédération Africaine de Football (CAF), avec la FIFA, envisage une mesure radicale : ne plus comptabiliser les points obtenus contre les derniers de chaque groupe pour déterminer les meilleurs deuxièmes. Une règle qui, si elle s’applique rétroactivement, risque de faire mal à plusieurs nations… à commencer par le Gabon.
En effet, les Panthères, actuels deuxièmes du Groupe F, pourraient voir 6 points s’évaporer, fruits de deux victoires contre la lanterne rouge. Un coup dur pour une sélection qui pensait avoir rempli sa mission en se plaçant idéalement dans la course aux barrages. Ce renversement de situation pourrait transformer un solide dauphin en outsider en sursis.
Le cas du Gabon n’est pas isolé. Le Burkina Faso (Groupe D), la RDC (Groupe H) ou encore Madagascar (Groupe I) sont également concernés. Tous risquent de passer par un goulot d’étranglement pour espérer décrocher un ticket vers le Mondial au Canada, au Mexique et aux États-Unis. À l’inverse, certaines équipes en difficulté pourraient en profiter. Le Cameroun, par exemple, verrait sa perte limitée à 4 points, ce qui relancerait ses chances. Le Nigeria, mal en point dans le Groupe C, entrevoit lui aussi une possible remontée au classement.
L’Érythrée, qui n’a pourtant pas gagné un seul match, pourrait donc faire mouche sans jouer, en bouleversant l’équilibre des groupes. Une ironie amère pour les équipes qui pensaient finir en beauté cette phase qualificative.
La décision finale est attendue pour le 14 octobre, à la veille de la prochaine trêve internationale. En attendant, les fédérations appellent au calme, même si ce dossier prend des airs de baril de poudre.
Si cette mesure est adoptée, certaines sélections africaines pourraient être lourdement pénalisées. Des équipes comme le Burkina Faso ou la RDC, qui avaient engrangé des points face à des adversaires plus faibles, risqueraient de voir ces résultats annulés dans le calcul final. À l’inverse, des nations comme le Cameroun ou le Nigeria pourraient bénéficier de cette révision. Sans les « matchs bonus » contre les derniers de poule, leurs résultats globaux pourraient être mieux valorisés, leur permettant de rester en course pour une place qualificative. Certains médias anglophones parlent déjà d’un véritable « lifeline » (bouée de sauvetage) pour le Nigeria, qui pourrait revenir dans la course grâce à cette réévaluation.