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OPÉRATIONS DE DÉMANTÈLEMENT DES BRANCHEMENTS DIRECTS

OPÉRATIONS DE DÉMANTÈLEMENT DES BRANCHEMENTS DIRECTS
lutte contre les branchements électriques frauduleux

À Libreville, la lutte contre les branchements électriques frauduleux est devenue l’un des nouveaux fronts de bataille des autorités gabonaises et de la Société d’énergie et d’eau du Gabon, la SEEG. Depuis plusieurs semaines, les opérations de démantèlement se multiplient dans plusieurs quartiers de la capitale. Des équipes techniques, parfois accompagnées des forces de sécurité, traquent les raccordements directs, les compteurs trafiqués et les installations clandestines qui fragilisent un réseau électrique déjà sous forte pression.


Mais une question revient avec insistance dans les rues de Libreville. Les populations souhaitent-elles réellement que ces opérations continuent ? Ou bien craignent-elles que cette campagne ne frappe surtout les plus modestes sans résoudre les véritables problèmes du secteur électrique gabonais ?


Une fraude devenue massive dans plusieurs quartiers


Le phénomène n’est plus marginal. Selon des chiffres relayés récemment dans la presse nationale, exactement 2 887 branchements directs auraient été recensés sur le réseau de la SEEG en 2026. Un chiffre impressionnant qui montre l’ampleur d’un système installé depuis plusieurs années dans certains quartiers populaires de Libreville, d’Akanda ou encore d’Owendo.


Au marché Mont-Bouët, véritable poumon commercial de la capitale gabonaise, une récente opération a permis de mettre au jour un vaste réseau clandestin d’alimentation électrique. Près de 200 boxes étaient alimentés grâce à des branchements anarchiques sans compteur officiel. Les pertes mensuelles pour la SEEG seraient estimées à près de 4 millions de FCFA.


 Cette affaire a choqué une partie de l’opinion. Comment un réseau aussi important a-t-il pu fonctionner aussi longtemps sans être détecté ? Qui protégeait ces installations ? Qui profitait réellement de ce trafic ?


Des populations partagées entre soutien et colère


Dans plusieurs quartiers de Libreville, beaucoup d’habitants soutiennent pourtant la poursuite de ces opérations. Pour eux, les branchements directs aggravent considérablement les délestages qui paralysent déjà le quotidien des populations.


À Nzeng-Ayong, Charbonnages, PK8 ou encore Bellevue, certains habitants estiment que les fraudeurs contribuent directement aux coupures répétées observées depuis des mois. Les transformateurs surchargés tombent régulièrement en panne à cause des consommations non contrôlées.


 « Pourquoi certains paieraient leurs factures pendant que d’autres consomment gratuitement ? », s’interroge un fonctionnaire rencontré dans le deuxième arrondissement de Libreville.


Pour une partie des Librevillois, la fraude électrique est devenue une injustice sociale autant qu’un problème technique. Beaucoup de ménages, déjà confrontés à des factures élevées, jugent anormal que des réseaux clandestins prospèrent au vu et au su de tous.


La peur d’une opération à deux vitesses


Mais dans d’autres quartiers, le discours est plus nuancé. Certains habitants redoutent une campagne sélective qui viserait principalement les petits consommateurs tandis que de gros réseaux frauduleux continueraient d’échapper aux contrôles.


Cette méfiance n’est pas nouvelle au Gabon. Plusieurs citoyens rappellent que les trafics de carburant, les détournements internes ou certaines complicités techniques ont souvent été évoqués dans les difficultés financières de la SEEG.


Dès lors, beaucoup se demandent. Les opérations actuelles iront-elles jusqu’au bout ? Les contrôles concerneront-ils aussi les gros consommateurs et les réseaux protégés ? Ou bien assistera-t-on uniquement à l’arrestation de petits fraudeurs dans les quartiers populaires ?Ces interrogations alimentent les débats dans les marchés, les taxis et les réseaux sociaux.


Une question de sécurité publique


Au-delà des pertes financières, les autorités mettent surtout en avant les dangers extrêmement graves liés aux branchements directs.


Les installations sauvages provoquent régulièrement des risques d’électrocution, des incendies domestiques et des courts-circuits dangereux pour les populations. Dans certains quartiers sous-intégrés, des fils électriques pendent parfois à hauteur d’homme au-dessus des habitations ou des ruelles inondées.


Les techniciens de la SEEG rappellent également que ces raccordements illégaux déséquilibrent fortement le réseau et accélèrent l’usure des équipements.


Dans plusieurs zones de Libreville, des habitants reconnaissent eux-mêmes vivre quotidiennement avec la peur d’un drame.


« Nous savons que c’est dangereux, mais certains n’ont pas les moyens de payer un branchement normal », confie un commerçant d’Akébé.


Cette réalité sociale complique fortement le débat.


Entre précarité sociale et responsabilité collective


Car derrière les fraudes électriques se cache aussi une autre réalité : celle de la précarité économique. Dans certains foyers, les branchements directs apparaissent comme une solution de survie face aux difficultés financières.


Le coût des abonnements, les factures accumulées ou encore les pénalités poussent parfois certaines familles vers l’illégalité. Des intermédiaires spécialisés profitent alors de cette détresse pour proposer des raccordements clandestins à bas prix.


Les autorités gabonaises savent donc que la répression seule pourrait ne pas suffire.Plusieurs observateurs estiment qu’il faudra aussi faciliter l’accès aux abonnements légaux, moderniser les compteurs, réduire certaines lenteurs administratives et renforcer la transparence au sein même du système électrique gabonais.


Une opération appelée à se poursuivre


Malgré les critiques, tout indique aujourd’hui que les opérations de démantèlement vont continuer dans le Grand Libreville. Les autorités veulent réduire les pertes techniques et commerciales qui affaiblissent considérablement la situation financière de la SEEG.


Dans l’opinion publique, une tendance semble néanmoins se dégager : une majorité de Librevillois apparaît favorable à la poursuite des contrôles, à condition que ceux-ci soient menés avec équité, transparence et sans favoritisme.


Car au fond, beaucoup de citoyens posent la même question. Comment espérer améliorer durablement la distribution de l’électricité au Gabon si les branchements clandestins continuent de se multiplier dans les quartiers de Libreville ?

Par Pamphil

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