MALI, HOMOSEXUELS CONDAMNÉS
Une condamnation historique sous le nouveau Code pénal
Selon les informations rapportées par le journal malien Le Soft, les deux hommes étaient initialement poursuivis, entre autres, pour
« diffusion de vidéos à caractère pornographique contraire aux bonnes mœurs ».
Au terme de leur procès, ils ont finalement été reconnus coupables d’« actes contre-nature ».
Lors de l’audience, le représentant du contentieux de l’État, constitué partie civile, a dénoncé une « dépravation des mœurs de la Nation ». De son côté, le ministère public a évoqué des « actes contre nature réprimés par la loi » ainsi qu’« une atteinte aux valeurs, coutumes et traditions nationales ».
Le procureur du pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité, sollicité par Radio France Internationale (RFI), n’a pas souhaité donner suite.
Une législation controversée depuis 2024
Entré en application en décembre 2024, le nouveau Code pénal malien assimile à un « attentat à la pudeur, tout acte de caractère sexuel contre nature commis avec un individu de même sexe ».
La criminalisation de l’homosexualité figurait parmi les engagements du gouvernement de transition. Cette réforme avait notamment été portée par le ministre de la Justice, Mamadou Kassogué.
Pour Me Oumar Berté, avocat et politologue malien, cette décision constitue une première depuis l’adoption de cette réforme. Il souligne les conséquences de cette évolution législative sur les droits et libertés individuelles.
Une pratique largement désapprouvée dans la société malienne
Au Mali, l’homosexualité demeure un sujet particulièrement sensible, largement désapprouvé par la population et perçu négativement au regard des valeurs sociales, culturelles et religieuses. De Bamako à Sikasso, en passant par Tombouctou, cette pratique suscite de fortes réticences dans tous les milieux. Cette hostilité s’observe également dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où les conceptions traditionnelles de la famille et des relations entre hommes et femmes occupent une place importante. Au Mali, cette désapprobation sociale se conjugue désormais à une criminalisation inscrite dans le nouveau Code pénal, exposant les personnes concernées à des poursuites judiciaires.
Une tendance préoccupante en Afrique de l’Ouest
Cette condamnation intervient dans un contexte régional marqué par un durcissement des législations visant les personnes homosexuelles. Au Sénégal et au Ghana notamment, plusieurs évolutions législatives et judiciaires suscitent des inquiétudes auprès des organisations de défense des droits humains, qui alertent sur les conséquences pour les libertés individuelles.