LE PIÈGE DES DIPLÔMES
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Pays: Gabon
Chômage au Gabon, le fossé alarmant entre diplômes et marché.
Le fléau de la surqualification et du déclassement
Aujourd'hui, le chômage frappe de plein fouet 25,4 % des diplômés de l’enseignement supérieur. Ce chiffre révèle l'ampleur du fossé qui sépare le système éducatif des réalités du tissu économique national. L'école continue de produire des profils académiques traditionnels, alors que la croissance actuelle repose sur des secteurs très capitalistiques qui recrutent peu.
Le résultat est un immense gâchis de capital humain. Plus de 55 % des salariés occupent un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. Faute de débouchés correspondant à leurs compétences, de nombreux universitaires se retrouvent contraints d'accepter des postes déclassés, souvent informels ou sous-rémunérés, pour survivre.
Un secteur privé formel trop étroit pour absorber les compétences
L’autre nœud du problème réside dans la structure même du marché de l’emploi. Au Gabon, seuls trois travailleurs sur dix ont la chance d'occuper un emploi formel dans le secteur privé. Le reste de la population se partage entre la fonction publique et un secteur informel prédominant. Face à cette étroitesse du marché, les nouveaux diplômés qui arrivent chaque année se heurtent à un mur. Les entreprises locales manquent de compétitivité pour recruter et se développer à grande échelle.
Urgence, réorienter la formation vers les filières d'avenir
Pour briser ce cercle vicieux, la Banque mondiale exhorte à une profonde transformation. Il ne s’agit plus seulement de courir après les points de PIB, mais de réformer la formation professionnelle.
L’avenir de l'emploi des jeunes dépend de la capacité du pays à orienter les étudiants vers des filières stratégiques et concrètes. L’agriculture, la transformation du bois, les mines ou encore l’écotourisme. Tant que l’école ne s'alignera pas sur les besoins réels des recruteurs, la croissance économique restera une formule théorique, déconnectée de la vie des jeunes Gabonais.